
Le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP) sont les plastiques les plus utilisés au monde. Leur part dans la consommation de matières plastiques dans l’Union Européenne (plus la Norvège et la Suisse) est d’environ 50% dont 39,5% concerne l’utilisation d’emballages. (d’après www.societechimiquedefrance.fr)
Cependant ces deux plastiques ne sont pas biodégradables. Or en raison de la menace écologique exercée par les déchets plastiques, l’industrie d’avenir se tourne vers l’utilisation des matériaux biodégradables. L’utilisation du polyéthylène et du polypropylène est de ce fait remise en cause. Néanmoins certaines entreprises pensent avoir trouvé une solution et proposent des additifs qui rendent ces plastiques oxobiodégradables.
Un plastique oxobiodégradable possède la propriété de se fragmenter et le produit obtenu est alors censé être biodégradable en présence de microorganismes. En effet, l’ajout d’additifs constitués de sels de métaux*, en petites quantités, puisqu’un pourcent suffit, lors de la fabrication du polyéthylène ou du polypropylène rendent le matériau oxydable. En présence d’oxygène, la chaleur et les UV provoquent l’oxydation* du plastique oxobiodégradable et une baisse de sa résistance*.

Néanmoins ces fragments de plastiques peuvent perdurer longtemps dans la nature avant d’être dégradés. En effet aucune référence n’est faite au sujet du temps nécessaire à leur dégradation biologique complète*. Une étude britannique menée par le DEFRA* a cependant indiqué que deux à cinq ans furent nécessaires à la fragmentation de plastiques oxo-biodégradables laissés à l’air libre. Après cela leur biodégradation est décrite comme « très lente ». La dégradation biologique complète de ces matériaux semble alors très longue.
Ces matériaux sont donc biodégradables en théorie, mais ne le sont pas dans la pratique puisque d’après la norme NF EN 13432 un matériau doit atteindre 90% de biodégradation en moins de six mois pour être considéré comme biodégradable. C’est pourquoi certains préconisent aujourd’hui l’utilisation des termes oxodégradables ou oxofragmentables pour définir ces plastiques.
De plus ces matériaux oxobiodégradables ne sont ni compostables ni recyclables. En effet le compostage n’est pas possible car les fragments dénatureraient trop le compost pour qu’il soit ensuite utilisable, et le recyclage par la voie normale pour les plastiques n’est pas non plus possible à cause des additifs d’oxobiodégradabilité qui corrompent le plastique. Ainsi ils doivent être incinérés ou enfouis et ne présentent qu’un intérêt écologique très faible.

Sur certains emballages « oxodégradables », le consommateur peut lire qu’en les utilisant il participe « à la protection de l’environnement », ce qui, nous venons de le démontrer est excessif et prouve que certains industriels n’hésitent pas à abuser de leurs clients, au détriment de l’environnement, afin de faire des profits.
L’entreprise à l’origine de ce procédé , D2w, assure qu’ils sont bioassimilables par le sol sans écotoxicité, tandis que le gouvernement français annonce qu’ils ne sont pas assimilables par les micro-organismes. De ce fait, depuis le 19 août 2015 l’utilisation des plastiques oxofragmentables est interdite en France. Cette interdiction concerne «la production, la distribution, la vente, la mise à disposition et l’utilisation d’emballages ou de sacs fabriqués, en tout ou partie, à partir de plastique oxo-fragmentables, quelque-soit l’usage des emballages ou sacs concernés».
Cependant certaines grandes enseignes continuent de les distribuer sous le nom de plastique « oxobiodégradable » ce qui en réalité correspond à un plastique oxofragmentable et n’est donc pas autorisé.
Ainsi pour que l’utilisation des emballages biodégradables soit optimisée les consommateurs doivent être informés des bienfaits écologiques réels des emballages qu’ils utilisent. Les entreprises doivent alors ne pas induire en erreur leur clientèle et être soucieuses de leur conduite écologique.
Laisser un commentaire